Le décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026, publié au Journal officiel du 29 juillet 2026, ne concerne pas seulement la procédure civile générale.
Il comporte aussi plusieurs mesures utiles en matière de justice amiable.
Ces ajustements intéressent directement les litiges immobiliers. Ils peuvent concerner un conflit de voisinage, un désordre de construction, un bail commercial, un bail d’habitation, une servitude ou un différend entre propriétaires.
Le décret intervient dans un mouvement plus large. Le règlement amiable des différends prend une place croissante dans la stratégie procédurale.
Un décret de simplification procédurale
Le décret n° 2026-683 poursuit la mise en œuvre de mesures de simplification de la procédure civile.
Il modifie plusieurs dispositions du code de procédure civile.
En matière de justice amiable, trois points méritent une attention particulière :
- la clarification du recours à un technicien choisi par les parties ;
- la qualification de certaines décisions relatives à la rencontre d’un médiateur ou d’un conciliateur ;
- l’allongement du délai laissé au médiateur ou au conciliateur pour recueillir l’accord des parties dans certaines hypothèses.
Le recours à un technicien choisi par les parties est clarifié
L’article 5 du décret modifie l’article 131 du code de procédure civile.
Il supprime, au premier alinéa de ce texte, les mots : « en application du 3° de l’article 128 ».
Cette modification est technique. Elle vise toutefois une question pratique importante : la place du technicien choisi par les parties dans les modes amiables de résolution des différends.
Dans les litiges immobiliers, l’intervention d’un technicien peut être déterminante.
Elle peut permettre d’éclairer :
- l’origine de désordres de construction ;
- l’étendue de troubles de voisinage ;
- l’état d’un local commercial ;
- la conformité de travaux ;
- la valeur de réparations ou de remises en état.
La réforme tend donc à sécuriser un outil utile : organiser une approche technique du différend avant que le conflit ne se transforme en contentieux lourd.
Une utilité concrète dans les dossiers immobiliers
En pratique, un conflit immobilier est souvent bloqué par une question technique.
Les parties ne s’opposent pas seulement sur le droit applicable. Elles s’opposent sur les faits.
Un technicien peut alors aider à objectiver la situation.
Cette étape peut favoriser un accord. Elle peut aussi préparer un dossier contentieux plus solide si aucun accord n’est possible.
Il faut toutefois rester prudent. Le choix du technicien, sa mission, les pièces communiquées et la portée de ses constatations doivent être encadrés avec précision.
L’injonction de rencontrer un médiateur ou un conciliateur est qualifiée
Le décret complète également l’article 1533 du code de procédure civile.
Il précise que la décision par laquelle le juge enjoint aux parties de rencontrer un médiateur ou un conciliateur est une mesure d’administration judiciaire.
Cette précision clarifie la nature de cette décision.
Elle confirme que cette étape s’inscrit dans la conduite de l’instance. Elle vise à favoriser un échange amiable, sans trancher le fond du litige.
Pour les parties, l’enjeu est pratique. Il ne faut pas considérer cette invitation comme un simple élément accessoire. Elle peut devenir un moment utile pour tester une issue négociée.
Le délai pour recueillir l’accord des parties est porté à trois mois
Le décret modifie aussi l’article 1534-1 du code de procédure civile.
Le délai d’un mois est remplacé par un délai de trois mois, sauf si le juge fixe un autre délai.
Cette évolution concerne les situations dans lesquelles le juge confie à un médiateur ou à un conciliateur la mission de recueillir l’accord des parties pour entrer dans une médiation ou une conciliation.
Le délai antérieur pouvait être trop court dans les dossiers complexes.
En matière immobilière, plusieurs facteurs ralentissent souvent les échanges :
- multiplicité des parties ;
- présence d’un assureur ;
- nécessité de réunir des pièces techniques ;
- intervention d’un syndic, d’une ASL ou d’un gestionnaire ;
- enjeux financiers importants.
Le délai de trois mois donne davantage de souplesse.
Pourquoi ces mesures sont importantes pour les litiges immobiliers
Les litiges immobiliers se prêtent souvent à une résolution négociée.
Ce n’est pas toujours possible. Mais une discussion structurée peut permettre de sortir d’un blocage.
La justice amiable peut être utile lorsque les parties doivent continuer à se côtoyer, notamment entre voisins, colotis, copropriétaires, bailleur et locataire, ou partenaires contractuels.
Elle peut aussi permettre de maîtriser les coûts, les délais et les aléas d’une procédure.
Mais elle doit être préparée. Un accord amiable mal rédigé peut créer de nouvelles difficultés.
Points de vigilance pratiques
- Ne pas engager une médiation sans avoir identifié les demandes réelles.
- Préparer les pièces utiles avant toute réunion amiable.
- Définir clairement la mission du technicien lorsqu’un avis technique est recherché.
- Vérifier les délais de prescription et de forclusion.
- Formaliser précisément tout accord obtenu.
- Prévoir les modalités d’exécution de l’accord.
La justice amiable ne remplace pas l’analyse juridique. Elle peut toutefois devenir un levier efficace lorsqu’elle est intégrée à une stratégie claire.
Ce qu’il faut retenir
- Le décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026 apporte plusieurs ajustements en matière de justice amiable.
- Il clarifie le recours à un technicien choisi par les parties.
- Il précise que l’injonction de rencontrer un médiateur ou un conciliateur est une mesure d’administration judiciaire.
- Il porte à trois mois le délai laissé pour recueillir l’accord des parties dans certaines hypothèses.
- Ces mesures peuvent être utiles dans les litiges immobiliers, sous réserve d’une préparation rigoureuse.
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Référence
Décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026 portant diverses mesures de simplification procédurale, JORF n° 0175 du 29 juillet 2026, article 5 et article 21.






